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RAD internationale, développement local et jeunesse

YPARD était invité par YPLD : « jeunes professionnels dans le développement local », à parler de la Recherche Agricole internationale pour le Développement (RAD) et du développement local, à la conférence « Raise the Stake », le 18 février 2012, à Siret en Roumanie. YPARD a présenté l’importance de la RAD internationale pour le développement local, et a, bien plus, affirmé le rôle des jeunes dans ces mécanismes, ainsi qu’exposé comment YPARD peut aider les jeunes à prendre et obtenir leur part. Les jeunes invités à cet événement étaient plus jeunes que les bénéficiaires ciblés par YPARD. Cependant, nous considérons primordial d’adresser aussi notre message – à savoir: affirmer l’agriculture comme un secteur porteur où il est possible de faire carrière – aux jeunes lycéens : à cet âge où les jeunes font un nombre de choix amenés à influencer leur chemin de vie. 26 jeunes étudiants étaient présents : 16 filles et 10 garçons. Tout d’abord surprise par cette majorité de filles, j’ai ensuite appris qu’ils ne poursuivaient pas spécifiquement des études dans l’agriculture. Malgré tous les efforts et les discussions à ce sujet, la frontière entre le monde de la recherche internationale (agricole) et le monde des réalités locales reste encore opaque, et ce à différentes étapes du processus de recherche : de l’investigation (identification du thème de recherche, collecte des data) à la présentation et l’exploitation des résultats pour des actions concrètes et effectives de développement.  YPARD s’attelle particulièrement à construire des ponts solides pour les jeunes professionnels, qui, en plus de cela, font face à des problématiques qui leur sont spécifiques: le manque de reconnaissance, de crédibilité et de capacité, alors même qu’ils sont forts d’atouts indéniables : connaissances, dynamisme, créativité, innovation etc. Le soutien à un groupe de jeunes scientifiques membres d’YPARD afin qu’ils participent au Forum Scientifique à Beijing en novembre 2011, ou l’organisation de ‘e-discussions’ sur les jeunes et la vulgarisation, en préparation à la conférence internationale sur la vulgarisation et les services de conseils agricoles à Nairobi ont été présentés comme des actions concrètes illustrant la façon dont YPARD donne une voix aux jeunes dans le domaine de la RAD. Les discussions sont intrinsèques à YPARD : plate-forme de communication, de mise en réseau et de rassemblement des différents acteurs de la RAD, dans le but que les uns et les autres bénéficient de leurs différentes expériences et fassent entendre leur voix en tant que groupe autour de problématiques communes. YPARD ne pouvait manquer l’occasion de cet événement pour récolter le retour d’expérience des jeunes roumains présents. C’est sans compter qu’YPARD a encore un réseau limité en Roumanie. C’était une grande opportunité d’apprendre à connaitre les besoins spécifiques, les aspirations, les limites des jeunes impliqués dans l’agriculture en Roumanie. C’est d’autant plus opportun qu’YPARD Europe a été initié en janvier 2012. Quelle merveille d’écouter cette audience timide et silencieuse au départ, commencer à exprimer son opinion. J’ai été particulièrement impressionnée par leur niveau en anglais et leur maturité. Leur participation a montré leur réflexion profonde, consciencieuse et leur énergie. Les jeunes et l’agriculture – ce que disent les jeunes de Siret, Roumanie Un premier garçon a exprimé ses doutes quant à l’intérêt de partager des expériences avec des personnes d’autres pays: “en quoi cela pourra-t-il me servir concrètement, d’en savoir plus sur ton expérience en France, où le contexte est très différent (décisions politiques, gestion des terres, marché, etc.)?” Nous avons conclu sur l’idée que nous générons souvent plus d’idées en confrontant nos différences qu’en partageant des expériences communes. “Se nourrir d’idées” pour plus de créativité, d’innovation, d’entreprise est l’un des moteurs d’YPARD. Il y va au delà de l’illusion d’appliquer magiquement un modèle qui fonctionne parfaitement dans un contexte. Cela fait écho au témoignage d’une jeune consultante roumaine travaillant à la mise en place d’initiatives durables et sociales dans les entreprises: “les jeunes n’ont pas l’air d’être conscients que c’est à eux d’initier et travailler dur pour que les choses se fassent; il semble qu’ils pensent que les choses vont venir d’elles-mêmes.” De ces discussions, il n’est toujours pas clair si la majorité des jeunes s’investissent dans le domaine de l’agriculture par nécessité : (1) parce qu’ils continuent le projet de leur famille – sous la pression, plus ou moins, de leurs parents, (2) parce qu’ils suivent simplement le standard de vie qu’ils ont toujours connu dans leur village, ou s’ils choisissent ce mode de vie par intérêt personnel. Nous avons aussi discuté le fait que quand bien même s’impliquer dans l’agriculture peut être un choix, nous avons aussi besoin de faire des compromis. J’ai donné l’exemple d’un ami qui a décidé d’élever des poulets dans le but de générer un revenu plus régulier afin de compenser son bénéfice plus chronique de l’élevage bovin. Un jeune roumain qui a déjà une ferme a l’objectif de développer un projet bio afin d’accéder a un marché plus ouvert. L’un des aspects les plus discutés fut aussi le fait que "monter une affaire agricole semble plus difficile aujourd’hui qu’il y a vingt ans ». Le garçon a en effet expliqué que les avancées technologiques génèrent plus de productivité et ainsi plus de concurrence – notamment au niveau international. De plus, dû au coût de ces technologies, il est difficile de démarrer son entreprise ; l’investissement est trop important mais nécessaire pour jouer sur le même terrain de jeu que les autres agriculteurs. Une experte des dynamiques rurales en Roumanie a exprimé que les curricula agricoles se concentrent encore sur la productivité, alors que ce n’est pas la seule option pour mener une activité agricole. Les perspectives ont sans doute besoin d’être réadaptées et l’agriculture intégrée comme une activité qui n’a pas forcément pour objectif de « faire de l’argent ». Bien sûr, nous devons cependant trouver des solutions pour que les petits producteurs  arrivent à satisfaire leurs besoins, de deux générations quelquefois. Les curricula devraient aussi développer les compétences nécessaires à l’entreprenariat ; il a été observé que les entreprises agricoles faisaient souvent faillite lorsqu’elles n’étaient pas basées sur une initiative familiale. La raison pourrait être le manque de compétences pour monter solidement une affaire, et la concurrence des personnes d’expérience. Sur un ton plus positif, il a été dit facile d’obtenir une terre en Roumanie. A la fin de la conversation, j’ai été ravie de voir la main d'une fille se lever et cette jeune fille exprimer: ‘’vous dites que le domaine agricole présente un panel de métiers à différents niveaux, mais en fait, par exemple, si je veux devenir vétérinaire, les gens vont me décourager. Ils vont me dire que j’ai trop d’ambition. » J’aurais aimé avoir plus de temps pour comprendre quelle(s) étai(en)t la(es) cause(s) d’un tel manque de soutien : est-ce que les parents ne croient pas aux compétences de leurs enfants ? Est-ce qu’ils ne croient pas à la qualité de l’éducation à l’école ? Serait-ce justifié ? Est-ce plutôt lié à des raisons financières (coût des études et de la vie en ville)? Ont-ils peur de voir leurs enfants partir ? Que veulent-ils pour leurs enfants et pour eux-mêmes ? Cela confirme que différentes catégories d’acteurs ont leur rôle à tenir dans le soutien aux jeunes dans la RAD ; nous ne pouvons travailler à supporter les jeunes sans mobiliser ces différents acteurs. « RAISE THE STAKE » n’était pas la mission des 18 et 19 février seulement ; c’est un long processus, et il ne fait que commencer. Tu as participé  à cette conférence et tu voudrais insister sur quelques points non mentionnés ici, ou simplement ajouter quelques éléments de discussion? Tes commentaires sont bienvenus ci-dessous. Vous n’avez pas participé à la conférence mais vous voudriez en savoir plus sur la jeunesse dans le domaine de la RAD en Roumanie, ou vous voudriez simplement partager votre propre expérience à ce sujet. N’hésitez pas à vous exprimer ou poser des questions ci-dessous.